Le sénateur Thanh Hai Ngo a fait la déclaration ci-dessous aujourd’hui, au sujet de la multiplication des attaques violentes contre des blogueurs indépendants et de l’intensification des mesures répressives prises par le parti communiste à l’endroit des défenseurs des droits de la personne au Vietnam :

« Je condamne catégoriquement l’arrestation de la blogueuse, Nguyen Ngoc Nhu Quynh, aussi connue sous le nom de « mère des champignons ». Cette mère monoparentale a été condamnée à 10 ans de prison le jeudi 29 juin 2017 pour avoir déformé les politiques gouvernementales et avoir tenu des propos diffamatoires sur le régime communiste sur Facebook et dans des entrevues avec les médias étrangers.

Le parti communiste du Vietnam doit aussi libérer immédiatement Nguyen Van Dai, qui est détenu depuis décembre 2015, ayant été accusé de « propagande contre l’État » en vertu de l’article 88. Plus d’une année plus tard, il n’a toujours pas eu accès à un avocat ou eu droit à un procès équitable. Il ne se porte pas bien et n’a pas reçu de soins médicaux adéquats.

Je suis extrêmement préoccupé par la multiplication des policiers en tenue civile et des « fiers-à-bras » qui brutalisent les défenseurs des droits de la personne, les blogueurs et leur famille, avec l’approbation tacite des autorités vietnamiennes. Au cours des deux dernières années, des militants pacifiques, comme le père Danh Huu Nam qui demande publiquement que justice soit rendue pour les victimes de la catastrophe écologique causée par Formosa, et d’autres dissidents influents ont fait l’objet de menaces odieuses et subi des sévices. Cette campagne visant à semer la peur et l’incertitude parmi les activistes et les critiques potentiels du gouvernement est une réaction du parti communiste du Vietnam face à la montée du mouvement en faveur de la démocratie et des droits de la personne.

Malheureusement, le silence du gouvernement du Canada sur cette tendance – soit l’augmentation du nombre d’agressions, d’arrestations et de condamnations ciblant des manifestants pacifiques – va à l’encontre des valeurs et des priorités en matière de politique étrangère de notre pays. Le gouvernement du Canada devrait suivre l’exemple de ses proches alliés, comme les États-Unis, l’Union européenne et l’Australie, et d’organismes internationaux, comme Amnistie internationale et Human Rights Watch, qui condamnent ces violations des droits de la personne. En outre, le Canada devrait exhorter le Vietnam à libérer immédiatement tous les prisonniers d’opinion et à permettre à tous les Vietnamiens d’exprimer librement leurs vues et de se rassembler paisiblement sans crainte de représailles. »