Le sénateur Ngo est indigné par la décision récente du gouvernement d’attribuer un contrat de sécurité à une société d’État chinoise

[Pour diffusion immédiate] – Le 26 août 2020

Le sénateur a publié la déclaration suivante en réponse à la décision du gouvernement du Canada d’octroyer un contrat d’équipement de sécurité d’une valeur estimée à 6,8 millions de dollars à une société appartenant au gouvernement chinois :

Nuctech, une entreprise d’État chinoise fondée par le fils de l’ancien secrétaire général du Parti communiste chinois , Hu Jintao, et décrite comme une « menace pour la sécurité de l’Occident » par le Conseil de sécurité américain, vient de se voir octroyer un contrat d’une valeur estimée à 6,8 millions de dollars pour la fourniture d’équipement de sécurité sensible pour nos ambassades, consulats et hauts-commissariats dans le monde. Si les liens étroits de l’entreprise avec les plus hauts dirigeants du Parti communiste chinois  ne soulèvent pas d’inquiétudes, sa réputation peu enviable à l’échelle mondiale en raison de scandales (qui comprennent des pratiques commerciales controversées et des allégations de corruption) le devrait. Cette décision n’est que la dernière maladresse politique de notre gouvernement dans sa trajectoire embarrassante de concessions et d’inepties politiques colossales- c’est le moins que l’on puisse dire-  en ce qui a trait à la République populaire de Chine.

En représailles à l’arrestation, en décembre 2018, de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis, nous avons subi d’importantes interdictions commerciales quant à nos principales exportations canadiennes clés (comme le canola, le soja et la viande). Les « deux Michael » (Michael Kovrig et Michael Spavor), nos ressortissants canadiens, ont été emprisonnés de façon arbitraire seulement deux jours après l’arrestation de Mme Meng. La pandémie mondiale de coronavirus qui est apparue à Wuhan, en Chine, s’est ensuivie : de solides preuves permettent de suggérer que le gouvernement chinois a une responsabilité directe dans le camouflage de faits essentiels au sujet du virus, entraînant des fermetures sans précédent à l’échelle mondiale qui a eu des répercussions dévastatrices, qui a infecté des millions de personnes et fait plus de 822 000 morts. Malgré cela, notre gouvernement a jugé bon de s’approvisionner en équipements de protection individuelle essentielle provenant de la Chine (qui, dans de nombreux cas, se sont  révélés défectueux); et collabore avec Cansino Biologics, une société biopharmaceutique chinoise, ainsi qu’avec l’unité de recherche militaire chinoise, et ce, afin de  créer un vaccin contre la COVID-19. On ne peut donc pas s’étonner de ce plus récent octroi d’un contrat de sécurité à une société d’État chinoise hostile, qui devrait par ailleurs soulever de nombreuses questions quant à l’impartialité de nos hauts fonctionnaires face à l’influence de Pékin.

Le fait de permettre l’accès à nos infrastructures de sécurité essentielles par des moyens détournés est d’autant plus inquiétant compte tenu de la culture bien ancrée de cyberespionnage et d’ingérence étrangère dans la mentalité communiste chinoise, et ce, depuis fort longtemps. La Loi sur le renseignement national de la Chine de 2017 indique explicitement que les entités chinoises et les personnes agissant à l’extérieur de la Chine (y compris les sociétés d’État et du secteur privé) sont tenues de coopérer avec les services de renseignement de la République populaire de Chine. Des experts en sécurité ont soulevé de graves préoccupations, indiquant que pratiquement tout équipement électronique pourrait fournir un point d’entrée potentiel à un réseau ou à des données. Par ailleurs, dans son rapport annuel de 2019, le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement (CPSNR) conclut que la Chine représente une menace à la sécurité nationale, en particulier dans les secteurs de l’espionnage, de l’influence étrangère et des cybermenaces. Combien d’autres raisons impérieuses seront encore nécessaires avant que notre gouvernement entende les avertissements et prenne au sérieux ce grave danger qui prend de l’ampleur?

Ce qui rend la situation encore plus aberrante et incompréhensible, c’est qu’une entreprise canadienne parfaitement compétente – qui aurait pu créer des bons emplois pour les Canadiens en ces temps où le taux de chômage a atteint un sommet historique  – avait également présenté une offre. Il va sans dire que la plupart des entreprises canadiennes n’auraient aucune chance dans le cadre du processus d’appel d’offres contre une entreprise chinoise subventionnée par les coffres bien garnis de l’État chinois. Nos politiques d’approvisionnement peu clairvoyantes fondées uniquement sur le coût, qui accordent les contrats au plus bas soumissionnaire, ne servent qu’à faciliter davantage les pratiques géoéconomiques chinoises agressives. En général, l’établissement de processus de contrôle de sécurité plus robustes des sociétés d’État permettrait de contrer cette pratique. Plus précisément, dans le cas de la Chine, nous devons d’abord nous demander pourquoi nous continuons de faire affaire avec ce régime belliqueux et tyrannique.

Dans l’intérêt des Canadiens et de notre sécurité nationale, le gouvernement du Canada devrait veiller à ce que toutes les mesures appropriées soient prises pour protéger les Canadiens et assurer la sécurité de nos missions à l’étranger. Comme première étape, le moyen le plus efficace d’y arriver serait de mettre rapidement fin à cette « offre à commandes » avec Nuctech.

 

 

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec le

Bureau de l’honorable Thanh Hai Ngo

613 943-1599

ThanhHai.Ngo@sen.parl.gc.ca

www.senatorngo.ca

@SenatorNgo

 

Renseignements supplémentaires :

 National Post: Chinese government-owned firm wins $6.8M contract to supply security equipment to Canada’s embassies

Global News: Canadian minister promises review after security contracts awarded to Chinese-state tech company

Global News: Why CSIS believes Canada is a ‘permissive target’ for China’s interference

National Post: Canada’s surprising history and questionable partnership with a Chinese company and its military-backed COVID-19 vaccine

CTV News: ‘The threat is real,’ top-secret committee says of foreign interference in Canada

Ottawa Citizen: Terry Glavin: Finally, parliamentarians admit Canada has a China problem

National Post: John Ivison: Trudeau government’s Chinese contract not short on stupidity

Financial Post: Diane Francis: Why are we still doing business with Chinese state entities?

Global News: Canada-China tensions: Why they began and what’s happened since

CNN: James D. Schultz: China needs to be held accountable for Covid-19’s destruction